Comment acquérir une entreprise ?

Voici la chronique parue dans le Journal Action PME le 6 février 2018:
 Il semble que l’entreprenariat progresse au Québec, du moins statistiquement. Mais par où commencer. Une idée géniale ? Une occasion ? Une étude de marché ? Une passion ?
Quoi qu’il en soit des intentions, il y a trois moyens pour acquérir une entreprise : la fonder, l’acheter ou prendre la relève d’une entreprise existante.
Créer une entreprise à partir de zéro reste la formule la plus populaire, l’entrepreneur fait ce qu’il veut, il réalise son rêve, choisit son emplacement, son équipe et ses clients. Mais il devra trouver du financement, des employés et surtout des clients à partir de ses impressions. Il devra tout apprendre par lui-même. C’est une merveilleuse expérience que j’ai vécue et qui fait la fierté de ceux qui réussissent. Mais il faudra travailler de longues heures, se contenter de modestes revenus au début, prendre des risques et en faire prendre à sa famille.
Beaucoup pensent acheter une entreprise existante. On ne part pas à zéro, il y a une marque, des clients, une culture, des équipements et des employés. Mais justement, on part avec ce qui existe, et ce qui existe n’est peut-être pas à notre goût.
Acheter une entreprise est une transaction. On achète les avantages et les inconvénients. Un de mes clients a acheté une clinique dentaire avec sa conjointe dentiste. La moitié du personnel est incompétente, les équipements sont désuets et la réputation, à reconstruire. De plus, les propriétaires n’ont pas d’expérience en gestion et ils ont payé trop cher cette acquisition. En somme, ils ont acheté des problèmes.

Acquérir une entreprise : la méthode non-traditionnelle

La troisième méthode : la relève me semble une formule plus intéressante. Ce n’est pas un processus transactionnel, comme l’achat, c’est un processus relationnel, c’est une démarche conjointe entre le propriétaire actuel, le fondateur et son successeur qui apprennent ensemble à devenir partenaires pendant plusieurs années.
Graduellement, le repreneur gagne plus de responsabilités, plus de pouvoir et plus de savoir et le fondateur se dégagera des opérations quotidiennes, prendra plus de vacances et pourra graduellement transmettre la propriété de l’entreprise sans mettre les finances de l’entreprise en danger.
La solution relève consiste à transmettre l’âme de l’entreprise, sa culture, son capital humain, son capital organisationnel, son capital relationnel et non seulement son capital financier. Ce processus est plus long, de cinq à dix ans, mais les chances de réussites sont plus élevées.
Ce processus est une démarche relationnelle, on apprend à travailler ensemble, à partager des valeurs, des attitudes et des compétences. Le repreneur aura un jour une entreprise en santé qui vise la pérennité et qui a de fortes chances de croissance. Le financement, même s’il est plus important sera plus facile parce que les institutions financières auront davantage confiance et que le fondateur y participe.
Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship.
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