Relève de l’entreprise : si les enfants ne veulent pas ? Que faire ?

Voici la chronique parue dans le Journal Action PME le 25 septembre 2018:

Les statistiques nous montrent qu’il y a un manque de relève pour nos entreprises. Il semble que la nouvelle génération n’a pas la fibre entrepreneuriale, ce que démentent les recherches sur l’entrepreneuriat, il semble aussi que des milliers de jeunes entrepreneurs seraient intéressés à acquérir des entreprises existantes, mais ne trouvent pas. Qui dit vrai ?

Mon père ou mon associé ?

Dans le cas des familles en affaires, il arrive souvent que les parents entrepreneurs aient de la difficulté à faire une différence entre le rôle paternel et le rôle entrepreneur. Ils veulent aider les enfants, parfois trop. Le repreneur doit prendre ses distances comme fils ou fille et doit trouver une nouvelle fonction, celle « d’associé », or il n’est pas facile pour un père ou une mère qui a toujours dirigé de se percevoir comme associé de ses enfants.

Pour y parvenir, il convient de découvrir chez chacun une nouvelle personnalité, de développer de nouvelles attitudes, d’apprendre à développer un type de relations contraires aux relations connues et à séparer clairement le monde familial et le monde entrepreneurial. Facile à dire, mais difficile à réaliser, les émotions sont fortes, les habitudes aussi, les notions de justice, d’équité, de confiance, de compétence et d’autorité se confrontent, et sans un accompagnement externe et objectif, il est difficile d’établir une cohérence.

Quand les enfants ne veulent pas

Quand les enfants ne veulent pas, il faut trouver la relève dans l’entreprise. Y a-t-il des employés capables de prendre la relève, à quelle condition ; là aussi le propriétaire devra changer de posture, changer la relation de patron à employé en une posture « d’associé ».

Trouver la relève parmi les employés peut être une excellente solution, puisqu’ils connaissent déjà l’entreprise, les clients, les fournisseurs. Une transition de quelques années devrait permettre d’assurer la pérennité.

Beaucoup de propriétaires de PME envisagent cette hypothèse, mais ils concluent trop vite que les employés n’ont pas les moyens financiers. En finance, il y a toujours moyen de s’arranger lorsque l’entreprise est en santé et qu’il y a un plan stratégique convaincant. Il est donc essentiel de ne pas percevoir les repreneurs comme des acheteurs, mais comme des associés.

Trouver un repreneur externe

Trouver un repreneur externe est plus difficile, ce sera le sujet du prochain article.

 

Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship.

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