Entrepreneur : et s’il ne prend pas sa retraite ?

Voici la chronique parue dans le Journal Action PME le 22 août 2018:
Il est vrai que la relève entrepreneuriale au Québec représente un problème réel et grave, encore faut-il savoir de quoi on parle. Un ministre soulignait récemment que 20 000 entrepreneurs partiraient à la retraite au cours des 10 prochaines années.
J’ai 76 ans et je suis toujours président de Dixit coaching et ne prévois pas prendre de retraite avant ma mort, il en va de même de presque tous les entrepreneurs que je connais et ils sont des centaines.
Pierre Péladeau, Jean Coutu et la grande majorité de nos entrepreneurs restent à la tête de l’entreprise tant que la santé le leur permet ; ils ne font plus le même travail, abandonnent les opérations à un plus jeune, mais ils ne « quittent » pas, ne partent pas à la retraite.
Un entrepreneur se valorise par son entreprise, l’entrepreneuriat est une vocation et non un métier, travailler 60 heures par semaine est un plaisir, non une tâche laborieuse. Il en va de même pour les artistes, et les entrepreneurs sont des artistes, des créateurs.
Si on veut convaincre les entrepreneurs de l’importance d’assurer leur relève, il faudrait arrêter de mêler le transfert d’entreprise et le départ à la retraite. Il conviendrait plutôt de parler de « pérennité » et donc de la nécessité de prendre 5 ou 10 ans pour mettre en place les personnes et les systèmes capables de l’assurer.
Les propriétaires de PME sont assez intelligents pour comprendre qu’ils ne sont pas éternels, mais ils ont du mal à imaginer comment ils peuvent choisir et mettre en place l’équipe de relève sans quitter l’entreprise, pourtant les plus grandes entreprises y parviennent, il suffit de changer certaines perceptions.

  • On peut confier les opérations à un directeur général et devenir président du conseil ; graduellement le DG se préparera à la succession et le président gardera son identité tout en travaillant moins.
  • Le processus de transfert est d’abord un changement relationnel avant d’être un changement transactionnel ; en d’autres mots, il est plus important de bâtir la prochaine équipe de direction en partenariat que de vendre des actions.

Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship.
Lien vers la parution d’origine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *