Il « donne » l’entreprise à ses enfants !

Voici la chronique parue dans le Journal Action PME le 28 mars 2018:
Le propriétaire d’une entreprise de plomberie a un fils et une fille. Le fils travaille dans l’entreprise depuis toujours, c’est un plombier qui compte maintenant 27 ans d’expérience. Très consciencieux dans son métier, il est également un bon superviseur pour les employés qui l’estiment pour ses compétences professionnelles et pour son attitude positive.
La fille, après avoir travaillé dans plusieurs entreprises, est devenue la secrétaire de son père. Depuis deux ans, elle prépare les devis, gère les finances, fait la comptabilité, les payes et les horaires de travail, elle est réceptionniste, s’occupe des clients et des fournisseurs.
Le père de 73 ans annonce un beau matin qu’il prendra sa retraite 6 mois plus tard et qu’il « donnera » l’entreprise à ses enfants, un tiers à sa fille et deux tiers à son fils. Dans sa logique, le fils devrait avoir davantage parce que c’est un homme et que « le domaine de la plomberie, c’est un monde d’homme ». Et parce qu’il est plombier et qu’il travaille dans l’entreprise depuis longtemps.
Le père a fait évaluer l’entreprise par son comptable et propose de donner l’entreprise aux enfants sans que ceux-ci n’aient à investir. Le père gardera tous les profits pour lui jusqu’au paiement du montant de l’évaluation. Par la suite, les héritiers seront propriétaires.
Mais

  • Le fils a beau être un excellent plombier, il n’est pas doué pour représenter l’entreprise; ce n’est pas un visionnaire, il ne veut pas faire du développement d’affaires et est persuadé que les clients viennent tout seuls.
  • La fille connaît bien les clients et entretient d’excellentes relations avec chacun d’eux. Elle pense avoir une vision plus globale de l’entreprise et être capable de mieux la diriger que son frère.
  • La clientèle actuelle est principalement institutionnelle (hôpitaux, écoles, municipalités). Le père développe depuis les 40 dernières années le marché grâce à ses relations personnelles avec les acheteurs institutionnels, comme la Chambre de commerce, le club Richelieu, les terrains de golf, un club de pêche, etc. Mais depuis la commission Charbonneau, les choses pourraient changer…! Qui trouvera la clientèle et avec quelles stratégies ?
  • Si le père retire tous les bénéfices de l’entreprise, comment pourrait-elle investir dans l’entretien et le renouvellement de l’équipement ?

Remarques du coach

  1. Un transfert d’entreprise n’est pas un processus transactionnel, mais relationnel. Les relations entre les membres de la famille sont fondamentales.
  2. On doit préparer un plan touchant tous les aspects : production, marketing, ressources humaines, clients, fournisseurs, risques, occasions, systèmes de gestion, etc.
  3. « Donner » une entreprise, c’est un cadeau empoisonné si on n’a pas de stratégie capable d’assurer son développement futur.

Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l’entrepreneurship.
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